Démographie et population

Démographie et population

Avis à la population

Bulletin de santé démographique général

Une baisse de population continue depuis 2015 (- 33 900 hab. sur cette période), qui s’accélère encore en 2020 (- 8 200 hab.), et pas seulement en raison de la pandémie, même si cette dernière accentue le phénomène (moins 4 600 habitants pour le déficit migratoire et moins 3 600 habitants pour le déficit naturel).

Source : INSEE 2020
Source : INSEE 2021
Source : INSEE 2020
Source : INSEE 2020
Source : Insee 2020
Source : Insee 2019
Source : INSEE 2020
Source : INSEE 2021
Source : INSEE 2019
Source : INSEE 2020
Source : INSEE 2015
Source : INSEE 2015
PDF - 1.7 Mo
Crédits : Insee analyses n°82, paru en sept. 2020
PDF - 1.1 Mo
Crédits : INSEE Analyses n°64 (septembre 2019)

Focus natalité...

Continu depuis 2011, le recul des naissances en Normandie résulte à la fois d’une baisse du nombre de femmes en âge de procréer (moins 0,7% de femmes âgées de 14 à 49 ans, en 2020) et de leur taux de fécondité (1,81 enfant / femme). Il se situe en dessous du seuil de renouvellement des générations (2,05 enfant / femme > seuil qui était atteint en 2010).

Focus mortalité...

En 2020

Substantielle, l’augmentation des décès en Normandie (+5,5%) demeure loin derrière le score national (+9,3%). Le département de l’Eure tutoie néanmoins le score national avec +9,1% de décès. Si la pandémie impacte fortement le taux de mortalité, le vieillissement de la génération des baby-boomers génère aussi plus de décès.

En 2019

Son augmentation est à mettre sur le compte du vieillissement de la population (arrivée à un âge avancé des populations issues du baby-boom) ainsi que des épisodes caniculaires de 2019, qui ont entraîné une surmortalité.

Focus seniors...

21% des seniors de + de 85 ans sont hébergés en institution. Jusqu’à 85 ans, les seniors apparaissent plus aisés que l’ensemble de la population régionale. Ils sont plus favorisés autour des grandes agglomérations et sur le littoral. Ils sont davantage propriétaires de leur logement que les Normands plus jeunes.

> Consultez le détail de l’analyse INSEE d’avril 2019 sur les conditions de vie des seniors.

Ce qui inquiète à l’aube de 2020...

La démographie normande s’affiche comme l’une des moins dynamiques de France, avec celles du Grand Est et de Bourgogne/Franche-Comté.

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Crédits : INSEE Analayses Normandie n°89 (décembre 20)

un encéphalogramme plat

Encore stable en 2012, le fléchissement démographique s’est accentué depuis 2015 (baisse annuelle de 0,2% / 7 500 hab.). Le réservoir normand se vide, principalement en raison des départs... Mais en 2018, pour la 1re fois, la région accuse un double déficit démographique : naturel (+ de décès que de naissances) ET migratoire (+ de départs que d’arrivées). Le premier résulte en partie du second, la région accusant un recul du nombre de femmes en âge de procréer. La fécondité, quant à elle, demeure stable. Cette rupture est historique, du jamais vu depuis plus de 75 ans ! Elle se confirme d’ailleurs en 2019, avec une baisse de 9 000 habitants imputée au déficit migratoire et une baisse de 800 habitants, imputée au déficit naturel.

Retournement de pyramide...

Une perte de vitalité démographique sans équivoque
Le socle de la jeunesse se creuse (en raison des départs et du manque d’arrivées), tandis que le sommet des seniors s’élargit : la Normandie vieillit !

Évolution de la structure de la population par âge

Une situation démographique anémiée

Bien qu’en partie compensée par l’arrivée massive de papy-boomers franciliens (à Pacy, Granville, Ouistreham, Honfleur...), la fuite des jeunes Normands est une réalité à considérer. La région perd environ 5 000 jeunes / an. La Normandie ne sait pas retenir.
Où partent-ils ? Ils partent en île-de-France, en Aquitaine et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Autre marqueur de perte de vitalité, le solde naturel qui, pour la première fois en 2018, s’inverse (300 décès de + que de naissances).

Zonage de l’évolution démographique

Évolutions démographiques par zone entre 2008 et 2013, puis en 2013 et 2018
Évolutions démographiques par zone entre 2008 et 2013, puis en 2013 et 2018
Crédits : Insee, recensements de la population 2008,2013 et 2018

Le ralentissement démographique concerne tous les départements normands. Il est plus prégnant dans les départements de l’Orne et de la Manche.

Les villes-centres perdent toutes des habitants au profit de leur périphérie immédiate

  • Le Havre a perdu 3 800 hab. entre 2011 et 2016, même si le repli semble s’atténuer (un bénéfice de la récente rénovation urbaine ?)
  • Cherbourg a perdu 1 600 hab. sur la même période mais les nombreux recrutements en cours devraient réguler cette baisse.
  • Rouen a perdu 1 400 hab. mais ici en revanche, la baisse semble vouloir s’accentuer
  • Même phénomène à Caen qui a perdu 3 000 hab.

Proportionnellement, les petites communes entre 250 et 3 500 hab. s’en sortent mieux.

La désindustrialisation peut être tenue en partie pour responsable de cette érosion démographique entre 1998 et 2014 (- 60 000 emplois). En outre, on observe un retard du côté de l’évolution de la population des cadres, qui augmente moins vite qu’ailleurs en France. Ceci est dû en partie à la prépondérance de secteurs peu générateurs d’emplois cadre (industrie, logistique...)

2 raisons d’espérer...

  1. Les territoires situés dans la 4e couronne de la banlieue parisienne (L’Eure autour de Vernon et Évreux, le Perche ornais) attirent des familles actives en provenance de la capitale.
  2. Des migrations professionnelles perceptibles sous l’effet des campagnes de marketing territorial ambitieuses menées par les territoires.

Sources : La chronique de Normandie n°594 (16/09/19), la chronique de Normandie n°609 (13/01/20), L’étoile de Normandie (02/01/2020)

2050 dans le viseur

3,4 millions d’habitants pronostiqués (+97 200)

  • Un vieillissement important de la population, dû à l’avancée en âge des baby-boomers, à l’installation sur le territoire de seniors retraités, ainsi qu’à une solde naturel négatif (300 décès de plus que de naissances).
  • Le nb de personnes de +de 85 ans serait multiplié par 3 d’ici à 2050.
  • Une croissance démographique faible, due essentiellement à l’excédent migratoire, le nombre de naissances pronostiqué (34 000) devenant inférieur au nombre des décès (39 000) après 2035.
  • Dans la Manche et l’Orne, + de 1 habitant sur 3 serait un senior (la Manche devient le département normand le plus âgé).
  • Un solde migratoire qui resterait excédentaire dans 4 départements sur 5.
PDF - 1.7 Mo
Crédits : INSEE Analyses n°33 (juin 2017)

Sources : statistiques INSEE - Analyses Normandie - 22 juin 2017 -

Démographie et population

Répartition démographique

Densité de la population par bassin de vie

Densité de population par bassin de vie en 2018
Densité de population par bassin de vie en 2018
À retenir... Des disparités territoriales criantes, entre le département de l’Eure qui observe un double excédent (naturel ET migratoire) lors de la période 2011-2016 (source INSEE), et le département de l’Orne qui subit un double reflux (migratoire ET naturel !)
Crédits : Insee – Recensement de la population, Code Officiel Géographique. Géographie communale au 01.01.2019 Réalisation : CCI Normandie

3 aires urbaines de plus de 200 000 habitants, regroupant 45% de la population

  1. Rouen : 699 000 hab.
  2. Caen : 468 000 hab.
  3. Le Havre : 337 000 hab.
3 aires urbaines de + de 200 000 habitants en Normandie
3 aires urbaines de + de 200 000 habitants en Normandie
Insee, zonage et aires d’attraction des villes en 2020

La Normandie est une des seules régions métropolitaines (avec Centre-Val-de-Loire et Bourgogne-Franche-Comté), à ne détenir aucune aire urbaine de plus de 700 000 hab.

La croissance démographique, plus soutenue dans les aires urbaines

La croissance démographique normande selon les aires urbaines
La croissance démographique normande selon les aires urbaines
À retenir... Une croissance démographique plus soutenue dans les aires urbaines
Crédits : Insee, zonage et aires d'attraction des villes 2020, recensement de la population 2017
Le chiffre clé
Source : Insee analyses n°87 (07/12/20)
Le chiffre complémentaire à retenir

L’analyse complète de l’INSEE à télécharger ci-dessous

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Crédits : Insee Analyses n°86 (11/20)

La moitié des Normands vivent dans une commune rurale

Source : Insee 2020
Source : Insee 2020

Une commune rurale se définit par sa faible densité de population et des distances plus importantes pour accéder aux services de la vie courante

Les zones rurales de Normandie selon leur dégré de dépendance à un pôle urbain
Les zones rurales de Normandie selon leur dégré de dépendance à un pôle urbain
Crédits : Insee 2021

Bénéfices secondaires

  • Des migrations résidentielles qui profitent à l’espace rural.

Méfaits secondaires

  • Des temps de trajet plus conséquents pour accéder aux services de la vie courante, impliquant l’usage de l’automobile.

Typologie de population

  • + d’agriculteurs et d’ouvriers dans les espaces plus ruraux
  • une population plus âgée dans le rural autonome (1/4 de la population âgée de 65 ans ou +)
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Crédits : Insee analyses n°92 (avril 2021)

Palmarès des 5 plus grandes villes de Normandie

3 villes de + de 100 000 habitants

Palmarès des 5 plus grandes villes de Normandie
Palmarès des 5 plus grandes villes de Normandie
3 villes de + de 100 000 habitants
Crédits : Chiffres INSEE recensement 2017

Palmarès des départements de Normandie

Des problématiques disparates selon les départements, même si la baisse de la population, entamée dès la fin des années 2000 pour l’Orne, s’est progressivement généralisée à l’ensemble des départements normands au cours de la décennie 2010-2020.

Le département de Seine-Maritime concentre à lui seul 37,8% de la population régionale (1,251 million d’hab.)

Source : Insee 2021
Pyramide démographique départementale 2020
Pyramide démographique départementale 2020

Tous les départements perdent des habitants mais des disparités existent quant à l’origine de ces déficits :

  • + migratoires que naturels pour l’Eure (27) et la Seine-Maritime (76)
  • + naturels que migratoires pour le Calvados (14) et la Manche (50), qui demeurent attractifs
  • migratoires + naturels pour l’Orne (61) qui accuse la la plus forte perte en 2020 (-2 270 habitants).

Le top des départements les plus « vieux »

  1. L’Orne  : 27,3% de + de 65 ans en 2020, et un âge moyen de 45,4 ans
  2. La Manche : 26,1% de plus de 65 ans en 2020, et un âge moyen de 44,9 ans

Le top des départements les plus « jeunes »

  1. L’Eure  : 25,1% de - de 20 ans en 2020
  2. La Seine-Maritime : 24,4% de- de 20 ans en 2020
Évolution annuelle moyenne du nb d'habitants de 2009 à 2014
Évolution annuelle moyenne du nb d’habitants de 2009 à 2014
Sources : IGN - INSEE 2017

2 départements en zone rouge, cumulant un double déficit, migratoire et naturel

  1. La Manche - 50 - 490 669 hab. au 1er jan. 2020 - soit une baisse de -0,4% - connaît un vieillissement notoire de sa population, accentué par l’installation des papy-boomers rouennais ou parisiens autour de Granville. Néanmoins, c’est le seul département normand au sein duquel les naissances ont progressé en 2019 (+3,1%).
  2. L’Orne - 61 -276 903 hab. au 1er jan. 2020 - soit une baisse de -0,9% - accuse une crise démographique grave. On parle ici de déprise. Son double déficit (migratoire et naturel) est très ancré, touche tous les territoires sans exception, et les élus ne savent pas comment l’enrayer. En 2019, l’Orne décroche encore la palme en termes de baisse des naissances (-4,7%) et d hausse des décès (+4%)

Là où l’excédent naturel ne suffit pas à compenser les départs

  1. La Seine-Maritime - 76 - 1 243 788 hab. au 1er jan. 2020 - soit une baisse de -0,3% - Le département le plus peuplé de Normandie ne retient pas ses jeunes (véritable hémorragie vers Paris) > déficit d’attractivité, même si le nombre de naissances demeure satisfaisant.

Là où la baisse est moins prononcée

  1. Le Calvados - 14 -691 453 hab. au 1er jan. 2020 - soit une baisse de -0,1% - Ce département réputé dynamique bascule en 2018 dans la catégorie des « double-déficitaires » (naturel et migratoire).
  2. L’Eure - 27 - 600 687 hab. au 1er jan. 2020 - soit une baisse de -0,1% -est le mieux placé des 5 départements (un solde migratoire quasiment équilibré et solde naturel positif).

Sources : La chronique de Normandie n°594 (16/09/19) - Bilan démographique INSEE 2019

Démographie et population

Les revenus des Normands

La taille du porte-monnaie

Source : INSEE - 2019
Source : [INSEE - 2017->https://www.insee.fr/fr/statistiques/4483583?pk_campaign=avis-parution]
Source : banque de France
Source : banque de France
Source : IRCOM 2018
Source : IRCOM 2018)

Disparités territoriales

1 Normandie fracturée dans sa fiscalité
  • 1 Normandie « riche », celle de l’axe Seine et du triangle Rouen/Caen/Le Havre
    • 85% de la richesse normande produite dans les départements 76 / 14/ 27, soit 78,2 milliards d’€ (source : IRCOM 2018)
  • 1 Normandie « plus rurale et plus pauvre », celle de la Manche et de l’Orne
    • 15% de la richesse normande produite dans les départements 50 et 61, soit 13,8 milliards d’€ (source : IRCOM 2018)
Les disparités territoriales de revenus en Normandie

« En 25 ans, les disparités territoriales de revenu se sont accentuées en Normandie »

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Crédits : INSEE (17 décembre 2019)

Sous perfusion

Sans les mécanismes sociaux et fiscaux de redistribution, le taux de pauvreté s’élèverait à 21,5%.

La perfusion de l’État

En 2021, 27 projets normands lauréats de l’appel à projet national "Lutte contre la pauvreté, pour un montant de 2,7 millions d’€, s’ajoutant aux 134 millions d’€ déjà engagés par ailleurs :

  • associations porteuses : Restos du cœur, Banques alimentaires, Secours populaire...
  • publics visés : agriculteurs, gens du voyage, petite enfance, famille...
  • modalités : aide alimentaire, accueil emploi, mobilité, soutien aux parents

La perfusion des 5 Départements

En première ligne des politiques de solidarité, ils sont dépassés par l’augmentation rapide du nb de RSA et l’envolée des dépenses.

Les 15 intercommunalités qui boostent les prestations sociales en Normandie.

5 en Seine-Maritime (76)
  1. Le Havre
  2. Fécamp
  3. Dieppe
  4. Le Tréport
  5. Londinières
3 dans le Calvados (14)
  1. Lisieux
  2. Isigny-Omaha
  3. Vire
5 dans l’Orne (61)
  1. Flers
  2. Argentan
  3. La Ferté-Macé
  4. Alençon
  5. L’Aigle
2 dans la Manche (50)
  1. Villedieu-les-Poêles
  2. Carentan

Carte médiane du niveau de vie 2019

Source : Normandie magazine - janvier-février 2020 - chiffres INSEE

Cartographie des disparités de revenus

à retenir...

Entre 1990 et 2015, l’indicateur de disparité des revenus fiscaux moyens par communes a progressé de +16% en Normandie (à la 6e place des régions françaises). Causes principales : le poids des grandes agglomérations et le fort essor démographique des zones « périurbaines », attirant des catégories sociales souvent favorables, qui a accentué la différenciation entre les territoires.

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